L’anarchie et l’insécurité qui suivirent la chute de l’Empire romain, amenèrent les habitants à se protéger des invasions sarrazines et lombardes en s’éloignant de la mer et en bâtissant leurs villages sur les hauteurs.
A la fin du XIe siècle, la puissante famille génoise des AVOGARI DE GENTILE fonde, dans la moitié sud du Cap Corse, une seigneurie, plaçant ainsi sous sa coupe des populations en quête de sécurité. Des châteaux fortifiés furent construits, dont ceux de Castello et d’Erbalunga, ainsi que le « Castellacciu » surplombant Lavasina et marquant la limite sud de la seigneurie de Brando. La population s’accrut, les activités économiques reprirent (élevage caprin, viticulture, oléiculture, artisanat), le commerce maritime avec la péninsule italique se développa, faisant d’Erbalunga, jusqu’au XVIe siècle, le premier port insulaire, bien avant l’essor de Bastia et d’Ajaccio.
Les guerres franco-génoises de la décennie 1550-1560 portèrent un coup fatal à une féodalité locale par ailleurs divisée : seigneurie de Brando pro-française et seigneurie d’Erbalunga pro-génoise.
Agressions et représailles se succédèrent :
- Fin 1556 : 77 coups de canons tirés par les troupes franco-turques endommagent sérieusement la tour d’Erbalunga tenue par Alessandro GENTILE.
- Début 1557 : représailles génoises contre le château de Castello, domaine des frères Altobello et Raffaele GENTILE.
- 08 avril 1557 : destruction d’Erbalunga par les Français avec l’aide des troupes de Raffaele GENTILE.
- 05 novembre 1557 : les Génois détruisent la tour de Poretto.
Le XVIIe siècle fut synonyme de paix. Ce n’est qu’à partir de la révolte de 1729 que la Corse entra dans un bouillonnement qui n’intéressera toutefois le Cap Corse que vers les années 1760, date à laquelle il adhère, non sans quelques difficultés, au mouvement paoliste. Après la défaite des troupes de Pascal Paoli à Ponte-Novo le 08 mai 1769, Brando s’intègre rapidement dans le cadre de la monarchie française.
Mais son commerce maritime périclite peu à peu, notamment après l’apparition de la navigation à vapeur. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est la vigne qui est anéantie par le phylloxera.
Cette récession économique, à laquelle s’ajoute une importante progression démographique, entraîne une forte émigration vers le continent et l’empire français ainsi que vers l’Amérique du Sud (essentiellement Porto-Rico et Vénézuela).